D'anciens combattants de la Séléka à Bria, le 25 février 2017, lors d'une phase de pré-désarmement. Neuf ans plus tard, une partie des mêmes réseaux s'est reconstituée sous le sigle de l'Alliance du sursaut patriotique. Photo : Freeman Sipila, Voice of America, domaine public.
Samedi 10 octobre, à l'aube, l'aviation des Forces armées centrafricaines (FACA) a bombardé la zone de Nabagay-Tissi, à l'extrême nord de la Vakaga, au point où se rejoignent la Centrafrique, le Tchad et le Soudan. Le ministère centrafricain de la Défense parle d'une « action préventive » contre des « mercenaires étrangers » qui faisaient peser une « menace imminente contre le territoire national ». Il précise que les opérations continuent « en coordination avec les spécialistes militaires russes ».
Le lendemain, N'Djamena a protesté. Le ministre d'État aux Affaires étrangères, Ahmed Kogri, a convoqué l'ambassadeur centrafricain pour lui remettre une « ferme mise en garde ». Le gouvernement tchadien dénonce une incursion de l'armée centrafricaine à Abnabak, dans la zone de Tissi, en territoire tchadien, qui a fait « plusieurs blessés graves, militaires et civils ». Il juge ces actes « graves », affirme qu'ils « ne sont pas isolés » et prévient que leur répétition « ne saurait rester sans conséquence ». Selon des sources sécuritaires jointes par AfriPolitique, des officiers figurent parmi les blessés et un militaire tchadien a succombé à ses blessures. Ce décès n'a pas été confirmé officiellement.
Bangui et N'Djamena parlent du même endroit, à la même date. L'un dit avoir frappé des rebelles, l'autre dit avoir été frappé. Aucun des deux ne répond à la question qui relie leurs versions : que faisaient, sur le sol tchadien ou à sa lisière, les combattants que visait l'armée centrafricaine ?
Deux communiqués, une seule carteLa version centrafricaine la plus détaillée ne vient pas de Bangui. Elle vient de la Communauté des officiers pour la sécurité internationale (COSI), la structure qui encadre les instructeurs russes en Centrafrique, et elle a été relayée par la chaîne d'État russe RT. Selon la COSI, près de 1 300 combattants préparaient depuis deux mois une offensive sur la Vakaga et la Bamingui-Bangoran, prévue pour la seconde moitié d'octobre. La frappe aurait fait plus de 60 morts et blessés. Des éléments rattachant les assaillants au Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) de Noureddine Adam auraient été retrouvés, ainsi que des « armes de fabrication occidentale ». Plusieurs commandants auraient « fui vers le Tchad ».
Aucun de ces chiffres ne peut être vérifié de façon indépendante. Pris ensemble, ils accusent sans le dire le Tchad de servir de sanctuaire et l'Occident de fournir les armes. Le communiqué de N'Djamena, lui, ne nomme ni Noureddine Adam ni aucun groupe armé. Il s'en tient à la souveraineté violée, ce qui lui évite d'expliquer la présence de rebelles centrafricains à Tissi.
Tout commence le 30 juin. Ce jour-là, plus de 700 combattants de l'Alliance du sursaut patriotique (ASP), coalition née à la mi-mai autour de vétérans de l'ex-Séléka et de la CPC, s'emparent d'Am Dafock. Le centre américain Critical Threats y voit l'escalade la plus importante dans le nord-est centrafricain depuis 2023. Noureddine Adam recrute et mobilise ; son proche Haroun Gaye dirige les opérations. L'assaut part du Darfour du Sud, tenu par les Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemedti. Le sous-préfet d'Am Dafock dit avoir vu des éléments des FSR « aux côtés de combattants de l'ex-Séléka ». Les FACA et leurs alliés russes reprennent la ville le 5 juillet.
Au niveau local, l'appui des FSR ne fait guère de doute. Le 20 juillet, le site soudanais Darfur24 rapporte l'arrestation, par les FSR elles-mêmes, du général-major Al-Jazouli Al-Tahir, commandant du secteur de Rahad Al-Bardi et d'Um Dafuq. On lui reproche d'avoir fourni munitions et uniformes aux combattants de la Séléka et de les avoir laissés se faire soigner à l'hôpital d'Um Dafuq. L'arrestation montre surtout que la hiérarchie de Nyala désavoue l'opération. Dès le 9 juillet, FSR et autorités centrafricaines avaient fermé chacun leur côté de la frontière.
Plusieurs raisons expliquent ce revirement. Noureddine Adam n'a jamais été l'homme d'Hemedti. Exilé à Omdurman sous la protection de l'armée soudanaise, il entretenait avec le chef des FSR des relations qualifiées d'« exécrables » par la presse centrafricaine dès 2022, et Africa Intelligence rapporte que l'armée soudanaise le soutient depuis des années pour contrer les liens entre Hemedti et Touadéra. Ces liens sont concrets : selon Le Monde, Bangui laisse transiter depuis au moins 2025 des cargaisons d'armes émiraties destinées aux FSR. Hemedti avait plus à perdre qu'à gagner à laisser une rébellion menacer le régime qui lui ouvre ce couloir.
Le 22 septembre, la rupture est consommée. Selon Darfur24, les FSR déploient des renforts le long de la frontière centrafricaine et ordonnent aux combattants de l'opposition armée, entrés à Al-Qubba, au nord-ouest d'Um Dafuq, de quitter le territoire soudanais. Les rebelles que le Darfour avait laissés passer en juin en sont désormais chassés. Côté soudanais, la porte est fermée. Il reste le triangle de Tissi et, derrière lui, le Tchad.
La zone des trois frontières au 11 octobre 2026. Refoulés du Darfour du Sud par les FSR fin septembre, les combattants de l'ASP n'ont plus d'autre repli que la bande frontalière tchadienne de Tissi. Leur zone d'implantation historique en Centrafrique recouvre la Vakaga, la Bamingui-Bangoran et la Haute-Kotto, avec ses gisements de diamants. Carte AfriPolitique, schématique.
Or, diamants, uranium : le sous-sol que l'on se disputeLe nord-est centrafricain est un couloir, mais c'est aussi un gisement. En mai 2013, après la prise de Bangui par la Séléka, le Processus de Kimberley a placé les diamants centrafricains sous embargo, parce que les rebelles finançaient leurs opérations par l'extraction et le négoce des pierres. L'embargo a été partiellement levé entre 2015 et 2019 pour les zones de l'ouest jugées conformes. La plupart des zones minières sont restées interdites d'exportation jusqu'en novembre 2024. Le centre de recherche belge IPIS, qui suit ce secteur depuis vingt ans, estime que cette levée a surtout répondu à une pression politique, sans stratégie face à la contrebande.
Bria et Sam Ouandja, dans la Haute-Kotto, forment le cœur du bassin diamantifère du nord-est. Pendant des années, le FPRC de Noureddine Adam y a tenu les routes, les marchés et les chantiers. D'après IPIS, la chute des cours du diamant à partir de 2016 a poussé de nombreux mineurs artisanaux vers l'or, devenu à son tour une source majeure de financement des groupes armés.

Une patrouille du FPRC à Bria, en août 2020. Le mouvement de Noureddine Adam a longtemps contrôlé cette ville, porte d'entrée du bassin diamantifère de la Haute-Kotto. Photo : Moïse Banafio / CorbeauNews, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0.
L'or a attiré Moscou. Le 27 juin 2023, le Trésor américain a sanctionné Midas Ressources, société liée à Evgueni Prigojine et titulaire du permis de la mine d'or de Ndassima, dans la Ouaka, ainsi que Diamville, acheteur d'or et de diamants contrôlé par le même réseau. Washington estime le gisement de Ndassima à « plus d'un milliard de dollars » et accuse Midas et Wagner d'avoir empêché les fonctionnaires centrafricains d'inspecter la mine. Une société basée à Dubaï figure dans la même liste : l'or centrafricain, comme celui du Darfour, finit souvent aux Émirats.

Des mineurs artisanaux sur la concession aurifère de Ndassima, photographiés dans un rapport du groupe d'experts du Conseil de sécurité des Nations unies (2014). La mine est aujourd'hui exploitée sous permis de Midas Ressources, sanctionnée par Washington pour ses liens avec Wagner. Photo : Conseil de sécurité de l'ONU, Wikimedia Commons, domaine public.
Il faut y ajouter l'uranium de Bakouma, dans le Mbomou, dont l'exploitation n'a jamais démarré. Dans le système mis en place par la Russie à Bangui, la protection du régime se paie en concessions minières. Une rébellion qui reprendrait pied dans le nord-est priverait ce système d'une partie de ses revenus. Et un retour français dans la région, par le Tchad ou autrement, serait vu à Moscou comme à Bangui comme une concurrence pour ces gisements.
Le Tchad, faiseur de rois à BanguiDepuis quarante ans, le Tchad pèse sur chaque changement de pouvoir à Bangui. Sous Bokassa puis Kolingba, le mouvement allait plutôt dans l'autre sens : le nord centrafricain servait de refuge aux factions tchadiennes vaincues dans les guerres civiles de N'Djamena. Tout change sous Ange-Félix Patassé. Limogé en octobre 2001, le chef d'état-major François Bozizé se réfugie au Tchad, d'où ses « libérateurs », dont de nombreux Tchadiens, lancent leurs offensives. Le 15 mars 2003, ils prennent Bangui pendant que Patassé est à Niamey. Idriss Déby Itno fournit ensuite au nouveau président une partie de sa garde rapprochée.
En 2006 et 2007, quand les rebelles de l'UFDR prennent Birao, c'est un dispositif franco-tchadien appuyé par des Mirage français qui sauve Bozizé. Six ans plus tard, N'Djamena lâche son protégé. La Séléka, partie de la Vakaga en décembre 2012 avec beaucoup de combattants tchadiens et soudanais, entre dans Bangui le 24 mars 2013 sans que le contingent tchadien de la force régionale ne s'interpose. Noureddine Adam en est le numéro deux. En janvier 2014, c'est encore à N'Djamena, lors d'un sommet régional, que Michel Djotodia est poussé à la démission. Le 29 mars suivant, des soldats tchadiens tuent une trentaine de civils au PK12, à Bangui, selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme. Le Tchad conteste, puis retire ses quelque 850 soldats de la force africaine.
La période récente suit la même pente. Le 30 mai 2021, six soldats tchadiens meurent au poste de Sourou, à la frontière, et N'Djamena parle d'un « crime de guerre » commis par les FACA. François Bozizé, chef de la CPC, vit alors en exil à N'Djamena, qu'il quitte pour la Guinée-Bissau en mars 2023. En septembre 2025, une force mixte tchado-centrafricaine est créée pour sécuriser la frontière ; elle n'est pas intervenue à Am Dafock. Le 3 juillet 2026, face aux accusations de Bangui, le ministère tchadien des Affaires étrangères affirme que le Tchad « n'a jamais été, n'est pas et ne sera jamais partie prenante à une quelconque entreprise subversive dirigée contre un État frère ».
Tchad et Centrafrique : quarante ans d'ingérences croisées
- Années 1980Le nord centrafricain sert de refuge aux factions tchadiennes vaincues
- Oct. 2001Limogé par Patassé, François Bozizé se réfugie au Tchad
- 15 mars 2003Bozizé prend Bangui avec des combattants venus du Tchad
- 2006-2007Appui franco-tchadien à Bozizé contre l'UFDR à Birao
- 24 mars 2013La Séléka, dont Noureddine Adam est le numéro deux, renverse Bozizé
- Mai 2013Le Processus de Kimberley place les diamants centrafricains sous embargo
- Janv. 2014Sommet de N'Djamena : démission de Michel Djotodia
- 29 mars 2014Une trentaine de civils tués au PK12 par des soldats tchadiens (ONU) ; retrait tchadien de la MISCA
- 30 mai 2021Six soldats tchadiens tués au poste de Sourou ; N'Djamena accuse les FACA
- 2021-2023Bozizé, chef de la CPC, en exil à N'Djamena
- 27 juin 2023Washington sanctionne Midas Ressources (mine d'or de Ndassima) et Diamville
- Nov. 2024Levée des dernières restrictions de Kimberley sur les diamants centrafricains
- Sept. 2025Création de la force mixte tchado-centrafricaine
- 30 juin 2026L'ASP prend Am Dafock depuis le Darfour du Sud ; reprise le 5 juillet
- 20 juil. 2026Les FSR arrêtent un de leurs commandants pour soutien aux rebelles centrafricains
- 22 sept. 2026Les FSR refoulent les rebelles centrafricains du Darfour
- 10 oct. 2026Frappes des FACA à Nabagay-Tissi ; blessés côté tchadien
- 11 oct. 2026N'Djamena convoque l'ambassadeur centrafricain
La crise éclate alors que le Tchad et la France renouent. En novembre 2024, N'Djamena dénonce l'accord de défense de 1976 ; les derniers soldats français partent le 31 janvier 2025. Le 29 janvier 2026, Mahamat Idriss Déby est reçu à l'Élysée et les deux présidents annoncent un « partenariat revitalisé ». En avril 2026, un nombre limité de militaires français revient à N'Djamena, sans base permanente, pour la formation, le renseignement et l'appui aérien, avec la lutte contre le terrorisme pour justification officielle. En mai, Emmanuel Macron a renvoyé la décision à son homologue : « C'est lui-même qui a demandé à rebâtir une relation de défense avec la France. »
Le chef de l'État tchadien est attendu à Paris le 12 octobre pour rencontrer Emmanuel Macron, selon plusieurs sources. La visite n'était pas confirmée officiellement à l'heure où nous publions, et l'agenda de l'Élysée ne la mentionnait pas le 11 octobre. Si elle a lieu, elle se tiendra au lendemain de l'incident de Tissi.
À Bangui, beaucoup prêtent à ce retour français un double objet. Paris protégerait un régime pris sur plusieurs fronts ; en échange, N'Djamena aiderait la France à reprendre pied en Afrique centrale, où la Russie l'a supplantée depuis 2018 et où la Centrafrique reste, selon Critical Threats, le « dernier bastion » de Wagner sur le continent. Les « armes de fabrication occidentale » évoquées par la COSI vont dans ce sens.

Un soldat des FACA portant l'écusson du groupe Wagner, en novembre 2021. La Centrafrique est devenue le principal point d'appui des paramilitaires russes en Afrique. Photo : Anselme Mbata / CorbeauNews, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0.
Cette lecture se tient, mais rien ne la prouve à ce jour. Aucun document public, aucune enquête indépendante n'établit un soutien français à l'ASP, et la source qui parle d'armement occidental est partie au conflit. L'histoire montre d'ailleurs que le Tchad n'a jamais eu besoin de Paris pour intervenir chez son voisin : en 2003 comme en 2013, N'Djamena agissait d'abord pour son propre compte. Ce qui est établi suffit pourtant à inquiéter. Des combattants hostiles à Bangui, refoulés du Darfour, se replient vers une zone frontalière que le Tchad ne contrôle pas ou choisit de ne pas contrôler, au moment même où il rouvre ses casernes à l'armée française.
Pour le pouvoir tchadien, la crise centrafricaine tombe au plus mauvais moment. Le Tchad a six voisins. Quatre de ces frontières sont aujourd'hui des lignes de tension : le Soudan, la Libye par les rébellions qui y trouvaient refuge, le Niger et la Centrafrique. Le cinquième front, celui du lac Tchad, lui vaut des reproches des Nations unies.
À l'est, le Soudan. Des enquêtes du New York Times et de la Global Initiative accusent N'Djamena de laisser transiter par Amdjarass l'aide émiratie aux FSR, ce qui fait du Tchad un ennemi pour l'armée soudanaise. En mars 2026, une frappe de drone attribuée aux FSR a tué une vingtaine de civils à Tiné. Le 25 août, l'état-major tchadien a dénoncé des aéronefs et des drones soudanais venus bombarder une colonne jusque sur son territoire. Plus de 918 000 réfugiés soudanais vivaient dans l'est du pays au 31 mars 2026.
Au nord, la Libye. Selon Africa Intelligence, le Conseil de commandement militaire pour le salut de la République (CCMSR) a quitté ses bases du sud libyen en décembre 2025 pour se redéployer dans le nord du Tchad. Deux mois plus tôt, le Front pour l'alternance et la concorde au Tchad (FACT) avait réuni en France une vingtaine de groupes autour d'un engagement commun contre le pouvoir.
À l'ouest, le Niger. Après les affrontements des 28 et 29 août à la base 101 de Niamey, le capitaine nigérien Roger Gabriel a affirmé le 1er septembre, à la télévision d'État, avoir été contacté par un officier tchadien évoquant « une possible intervention depuis le Tchad avec l'appui de forces spéciales étrangères ». N'Djamena dément, et Niamey a officiellement mis en cause la France le 4 septembre sans citer le Tchad. Rien n'est prouvé, mais pour les pays de l'Alliance des États du Sahel, le Tchad est désormais rangé dans le camp de Paris.
Au sud, la Centrafrique, depuis le 10 octobre. Même sur le lac Tchad, front partagé avec le Cameroun et le Nigeria contre Boko Haram, N'Djamena a dû rejeter en mai 2026 des accusations de l'ONU sur des civils tués dans ses frappes.

Des soldats tchadiens à la frontière soudanaise, en mai 2023. L'armée tchadienne tient déjà l'est face à la guerre du Soudan ; la frontière centrafricaine ouvre un front de plus. Photo : Henry Wilkins et Arzouma Kompaoré, Voice of America, domaine public.
Le régime porte une large part de responsabilité dans cet encerclement. Il a choisi les Émirats et, de fait, les FSR au Soudan. Il a toléré des rébellions centrafricaines sur ses marges. Il renoue avec Paris au moment où le Sahel central rompt avec la France. Chacun de ces choix lui a valu un adversaire.
Le dossier centrafricain y ajoute une contradiction. Les rebelles de Noureddine Adam viennent d'être chassés du Darfour par les FSR, que N'Djamena est accusé de ravitailler. Si le Tchad les abrite, il héberge des hommes dont son allié de fait au Soudan ne veut plus. S'il ne les abrite pas, il doit expliquer pourquoi des commandants de l'ASP se replient sur son sol et pourquoi la force mixte de 2025 n'a jamais fonctionné. Sa protestation du 11 octobre, ferme sur la souveraineté et muette sur les rebelles, évite les deux questions.
Ce qu'il faut surveillerTrois échéances diront si Tissi reste un incident ou devient un front. La première se joue à Paris : si la rencontre entre Mahamat Idriss Déby et Emmanuel Macron a lieu, son compte rendu mentionnera-t-il la Centrafrique, et en quels termes ? La deuxième est militaire. La COSI annonçait une offensive rebelle pour la seconde moitié d'octobre ; si elle se produit, elle partira du seul couloir encore ouvert. La troisième est régionale. La force mixte tchado-centrafricaine, la CEEAC et l'Union africaine, qui s'inquiétait en septembre de l'insécurité dans la Vakaga, peuvent encore dire où passe la frontière et qui la garde. Avec une MINUSCA affaiblie par les coupes budgétaires, elles sont presque les seules à pouvoir le faire.
Depuis 2003, les crises centrafricaines passent par le Tchad. En 2026, le Tchad a perdu la profondeur soudanaise, la Russie tient Bangui et la France est revenue à N'Djamena. Le régime tchadien a cette fois autant à perdre que son voisin.